Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede Luxxus » Lun Avr 09, 2012 3:43

Me voilà de retour de mon trip avec les frères THOR.
Dans la mythologie germanique THOR est le plus guerrier des dieux.
Cela me semblait un bon signe pour aller défier les dieux de l’Amazonie et leur plus fidèle combattant : Seigneur Hoplias Aïmara.
Autant le dire tout de suite la semaine fût très difficile pour la pêche.


J0 – Lundi 26 mars 2012 (Prologue) :

Après des mois, puis des semaines, puis des jours… Nous y voici, je décolle ce soir de Fort de France direction Cayenne.
Le stress a été présent toute la journée, non pas sur le fait de partir mais sur les complications à venir avec AIR France. En effet l’information ou plutôt la méconnaissance des règles de transport sur les tubes de pêche par le personnel d’Air France est tellement floue que je risque de devoir payer 75€ par vol…
J’arrive à l’aéroport je choisi ma file, je simule une grande décontraction, je pose mon tube et engage la conversation… La dame fini par me demander ce qu’il y a dans ce mystérieux tube et ne bronche pas quand je lui parle de cannes à pêche, on est loin des 23kilos, cela semble lui suffire (cela me convient aussi ;) ). Le stress retombe d’un coup.
Plus que le passage aux rayons X de mon bagage cabine qui contient tous mes leurres et mes moulins. J’ai au préalable enlevé tous les triples et les bobines.
Evidemment on me demande d’ouvrir mon sac, là encore en toute décontraction je leur annonce que je sais ce qui les intrigue en sortant une poignée de leurres. Je leur explique brièvement le maniement de ces derniers et tout est réglé.
Etape suivante, la boutique Duty Free car je veux acheter une bouteille de rhum vieux pour mes hôtes, mais là, mauvaise surprise, ils ne peuvent rien me vendre car le duty free ne fonctionne que vers la métropole.
Je leur demande de payer la TVA mais leur système ne leur permet pas encore cette option… Un peu déçu d’arriver les mains vides je vais m’assoir pour attendre l’embarquement.
Ca y est je suis assis, ma ceinture est bouclé, l’avion s’élance… Décollage.
Deux heures plus tard, François vient m’accueillir, on charge mon sac et le tube dans le pickup et nous sommes déjà en train de nous enfoncer dans la Guyane pour rallier Cacao, environ 60km plus au sud, où je vais passer la première nuit dans le carbet de transition chez Dominique le deuxième des frères THOR, mes guides pour ce séjour.
François m’installe et comme il est déjà tard, le repas a été préparé par Dominique. Je trouve une glacière garnie de boissons, sandwichs, salade composée et des fruits sur la table. Cela commence parfaitement bien.

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Une fois sustenté, je décide, pour gagner du temps, de réarmer tous mes leurres histoire de ne pas perdre de temps demain en arrivant sur place.
Je commence à m’acclimater à l’ambiance sonore (rivière et bruits dans la nuit) et à la faune (papillons, guêpes,…). La nuit sera d’ailleurs très morcelée, mélange d’excitation et de bruits suspects.
Au petit matin, d’autres invitées ; des grenouilles dans la cuvette des WC et dans la douche ;). A mon approche elles décident de me faire un peu de place ;)

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J1 – Mardi 27 mars 2012 :
Matin :

Petit déj. avec Dominique et François, le temps qu’ils finissent de préparer la pirogue, je m’imprègne de la moiteur de la Guyane, de sa végétation épaisse, je m’attarde sur « l’aquarium » de Dominique, en fait un étang dans lequel cohabitent de nombreux poissons ; oscars, yayas, carpes, coumarous,…

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La pirogue est prête, nous aussi, il nous faudra 2 heures 30 pour arriver 130 km plus loin, au débarcadère de Petit Saut, point de départ de notre aventure fluviale.
La pirogue est vite mise à l’eau à côté d’un orpailleur brésilien.

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Très vite je prends conscience du désastre occasionné par ce barrage, la non déforestation du site a laissé place à des dizaines de milliers de squelettes d’arbres morts qui au fil des ans sont devenus pour certains des supports à de grosses termitières, ou à de gros plans d’orchidées.
La dégradation des branches et des feuilles tombées au fond de l’eau ont complètement pollué l’étendue d’eau.
Une partie de la matière organique piégée sous l'eau s'est décomposée, a absorbé une partie de l'oxygène de l'eau et a provoqué des rejets de sulfure d'hydrogène, de dioxyde de carbone et de méthane (puissant gaz à effet de serre), par diffusion de la surface de l'eau vers l'air et par effervescence (bullage).
Cette pollution, ainsi que l'anoxie associée a tué de nombreux poissons et d'autres organismes (aquatiques ou de la ripisylve) dès la mise en eau. Elle a aussi contribué à une émission significative de gaz à effet de serre (méthane).
(Source Wikipedia)

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Au fil des kilomètres on finit par trouver le lit de la Sinnamary, les lacets de la rivière s’enchainent, la végétation déroule, enfin après 3 heures de navigation, on arrive au carbet.

Bienvenue au « Giant Trahira »

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Après-midi :

Nous ne perdons pas trop de temps à manger, de rapides sandwichs feront l’affaire, on se rattrapera ce soir…
Il est 13H00 nous remontons dans la pirogue et direction Saut TAKARI TANTE.

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La pêche dans les sauts (rapides) étant souvent compliquée (peu de place sur les rochers ou végétation limitant les mouvements) je vais être seul à pêcher.
Je suis un peu inquiet car ayant reçu mes cannes de casting au dernier moment je n’ai que quelques lancers à mon actif et encore entre mes bananiers…
J’écoute les conseils de mes guides, je m’applique et très vite j’ai une première attaque. J’ai vu la masse du poisson et je suis bouche bée. Très vite on me sort de ma torpeur ; « il ne s’est pas piqué, il faut recommencer il va revenir ! ».
Même lancer, deuxième attaque et cette fois c’est le strike, grosse puissance au bout du popper, il a fait demi-tour et s’est planté sous un rocher, je le bride à mort sans maitriser la situation, François se précipite pour le cueillir avec l’épuisette mais d’un coup le popper est expulsé par le poisson et reviens vers nous comme une fusée, d’un réflexe je stoppe son envol avec la main, bien m’en a pris car je pense que l’un de nous aurait été assommé (dans le meilleur des cas), par chance, c’est la tête du popper qui vient heurter la main, ce qui ne m’occasionnera qu’une bonne douleur sans les inconvénients des triples à enlever…
Dominique et François sont désolés pour moi, il aurait bien voulu que je sorte ce premier aïmara estimé à 6/7 kilos. Pour ma part je suis déjà abasourdi par la puissance et la vivacité de mon adversaire.
On change de coin car un aïmara piqué ne reviendra pas tout de suite sur le même poste.
Autres postes, autre attaque sans être piqué cette fois, sans plus de résultat.
Après plusieurs tentatives dans les sauts, c’est direction pêche en dérive, « LA » pêche de l’aïmara.
Après de nombreux lancers, une nouvelle attaque, il se pique mais se décroche tout aussi vite. C’était un spécimen plus petit, 4/5 kilos, mais je comprends vite deux choses, la bouche doit être très dure et ils ont une facilité déconcertante à se jouer des triples en les tordants d’un simple mouvement de la mâchoire.

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Nous continuerons la dérive jusqu’à la tombée de la nuit sans plus de résultat.
Retour au carbet et apéro bien mérité, petit débriefing, les frangins font la grimace, nous sommes en période de hautes eaux, les postes en dérive sont donc tous submergés, mais en plus il a eu beaucoup de pluie en amont et l’eau est quasiment à son maximum, soit 4 mètres de trop. Autrement dit, trouver un aïmara en étudiant les berges relève de la loterie…
C’est l’heure du diner, il est temps de recharger les batteries.

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Après un bon repas je lance un Madleash (leurre souple de chez mon pote Madatet), plus pour les sensations que pour pêcher car on ne voit pas grand-chose. Au bout de quatre lancers je range. Là, surprise ; je vois qu’un aïmara est passé par là, le grub a été coupé et il y a un bel impact de dent sous la tête, il a attaqué le leurre par-dessous et ne s’est pas piqué. Je ne le sais pas encore, mais l’aïmara ne rate que très rarement sa proie et si une fois en bouche, il sent que ce n’est pas mangeable, il s’en débarrasse, parfois même avant que l’on ait repris le contact avec le leurre.

J2 – Mercredi 28 mars 2012 :
Matin :

Cette première nuit au milieu de nulle part restera gravée dans ma mémoire pour longtemps, j’ai encore du mal à comprendre que des animaux puissent faire des sons aussi étonnants ; tronçonneuse, tondeuse à gazon, moteur d’avion et bien d’autres totalement inidentifiables. Du coup j’ai très peu dormi et vers 6H00 ce sont les singes hurleurs qui sonnent le réveil.

Petit déj copieux, douche et me voilà prêt à en découdre.
Ce matin on attache la pirogue et on débarque en forêt, je suis dans l’Amazonie, quel animal vais-je rencontrer ?
Et bien aucun, de jour les animaux sont méfiants et se cachent, la nuit ils se déplacent… Et font du bruit ;)

On tente plusieurs spots intéressants (ou qui le sont d’habitude), résultat décevant, sans même sentir quelque attaque que ce soit je me fais tronçonner deux leurres souples.

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On va continuer la matinée en dérive.
Toujours en essayant de pêcher au plus près de la berge et en prospectant les « habituels bon postes » j’ai deux belles attaques sur un Z-Claw magnum, malheureusement sans résultat.
Retour au carbet pour un bon déjeuner.

Après-midi :

Au programme, dérive uniquement. On prospecte les berges, on fouille les herbiers, on rase des rochers dans des criques, on slalome entre les bois morts.

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A part un remous derrière le leurre de François, aucune activité pour cette après-midi ou malgré un calme plus que plat, l’ambiance est au top, à croire que celui qui dira le plus de conneries aura gagné la partie…
Au final c’est une énorme bredouille pour nous trois et à l’arrivée au carbet je vois bien que Dominique est inquiet.

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Retour au carbet, on décide de sauver l’honneur en essayant de faire monter un aïmara au vif.
Pour l’aïmara au vif, c’est très simple, il faut une belle sardine d’eau douce, un montage avec plomb et bas de ligne acier, on pique le vif sur le dos et on laisse aller.
Mais voilà même au carbet c’est la crise pour pêcher des sardines, avec François on réussira à en accrocher trois dont deux qui vont se décrocher. Nous sommes en plein cauchemar, les dieux de l‘Amazonie sont contre nous.
La sardine est mise dans une grosse glacière transformée en vivier pour l’occasion et nous on se venge sur l’apéro.
Arrive une excellente soupe préparée par Dominique, c’est une spécialité de « chez eux », un Khao Poun. C’est un régal qui tient bien au corps.
Le repas fini on met le vif à l’eau et mes compères filent directement au lit. Pour ma part j’essaie de faire encore du vif mais à part un tout petit poisson dollar d’argent (cela ressemble à un mini piranha en plus fin, retour à l’eau il est trop petit.
Je vais jeter un œil à la canne à vif, tout est calme, le frein est desserré, le grelot est en place.
En manque de poisson je retourne de l’autre côté du carbet je prends une de mes cannes et je fais des lancers en pleine nuit dans le noir.
Je ramène une branche et conscient de la situation grotesque, je m’avoue vaincu… pour le moment.
C’est mon tour de passer sous la moustiquaire, il est 22h07, je suis plutôt un couche-tard, donc je ne m’endors pas, j’écoute les animaux et leur symphonie incroyable.
Mais mon cerveau cogite, je ne fais que repenser à ces débuts de pêche peu glorieux. Ça ira mieux demain, il faut que je dorme en espérant que la « Fée clochette » s’agite pour nous signaler un aïmara gourmant.
Je commence à m’assoupir, 22H20, « Fée clochette » est toute excitée, moi aussi… Zzzzz, Zzzzz fait le frein.
J’essaie de prendre ma frontale, je ne la trouve pas, mon pied se coince dans la moustiquaire, je sors du même côté que François et je manque de l’assommer, j’appuie sur le premier interrupteur que je trouve, coup de bol, le groupe électrogène tourne toujours et la salle de bain s’éclaire.
François et Dominique allument les autres lampes.
Je saisi la canne, le moulin ne chante déjà plus,… Plus là ? me demande un de mes compères, je resserre le frein, je mouline un peu, le constat est sans appel… Si ! Poisson ! Je le ferre comme si je pêchais au jig…
Outch, il est là et n’est pas content, je serre le frein de plus belle car il faut que je le bride tout de suite.
Pas bien gros dis-je, le poisson sans doute vexé par ma réflexion, joue de la caudale et me montre que j’ai été un peu insolent. Il nous gratifie d’une belle chandelle à 20 mètres du carbet.
Le combat se poursuit et le voilà à 2 mètres. François est prêt avec l’épuisette géante faite avec une roue de vélo où les rayons ont été enlevés.
Je dois encore brider en puissance le poisson qui cherche à sonder sous le carbet et ses amarres. Rien n’y fera, je vais sortir vainqueur de ce duel.
Il est à bord, petite tête mais bien dodu. Cela confirme les craintes de mes hôtes ; ils sont bien là, mais déjà très/trop bien nourris par les eaux hautes de la Sinnamary.
Pesée, photos et le pépère de 8 kilos est retourné à l’eau.

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Mâchoire "étau"
Dents pointues et coupantes
Si les dents se cassent, elles repoussent
Si elles ne se cassent pas, elles repoussent quand même...
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J3 – Jeudi 29 mars 2012 :
Matin :

Ce matin un peu de changement, les frangins me propose d’aller pêcher l’Acoupa Rivière histoire de voir un autre habitant de ces lieux et par la même occasion de s’assurer un bon repas. Pour ce faire, on en gardera deux.
Pour la technique, c’est simple, dandine au leurre souple.
Encore une fois la hauteur de l’eau est en handicap. François qui a une tresse multicolore nous annonce que le niveau est environ trop haut de 5 mètres.
Mais à force d’application François nous fait le premier acoupa rivière, hop dans le bateau, oops, non il se décroche au moment de passer à bord. On peste mais surtout on rigole, ce n’est que partie remise.
Un peu plus tard Dominique réussira à en mettre un à bord d’environ 3kilos.
Dans la Foulée François a une énorme touche, l’hameçon est cassé. Selon lui ce n’est pas un aïmara mais un très gros acoupa bien calé dans le lit du fleuve. Il m’explique que la touche n’a rien de comparable entre les deux poissons.
Dominique en fera un deuxième de 2 kilos (on a de quoi manger ;) ).
Pour ma part j’ai une attaque mais le poisson se décroche quasi instantanément (était-il accroché d’ailleurs, rien n’est moins sûr), en tout cas cela confirme les explications données par François, l’acoupa fait des petites tirées sur le leurre alors que l’aïmara embarque tout violemment.
Le score est encore une fois bien maigre, normalement il peut se faire une dizaine d’acoupa dans le même laps de temps…
Avant de revenir au carbet on va explorer un bras mort qui a déjà livré de belles surprises, mais encore une fois c’est une nouvelle bredouille en dérive.
Dépités nous retournons au carbet pour préparer le poisson et le manger.
Pendant que l’un cuisine, nous anticipons la pêche au vif pour le soir, pour le moment seule technique qui nous a permis de toucher de l’aïmara.
François fera une jolie carpe qui ira droit dans la glacière/vivier. Ce n’est pas l’appât roi pour l’aïmara qui préfère la sardine, mais « faute de grives, on mange des merles »…

Après-Midi :

Déjeuner terminé, deux trois coups de ligne histoire de voir si les vifs sont là…
Retour à Takari Tanté. Mauvaise nouvelle, il a dû pleuvoir en amont car les eaux ont encore monté…
On attache la pirogue et on commence par la droite du saut.
Premier spot, première attaque (décidément ils l’aiment cet endroit) sur mon popper, mais l’aïmara n’a pas touché le leurre, donc rebelote, je recommence… Et lui aussi, cette fois-ci il choppe le leurre… Mais sans se piquer, c’est fini pour celui-ci et ce coin-là.
On progresse, on s’aventure dans les rapides. Les frangins ont le pied assuré, moi nettement moins. On avance de rocher en rocher, le courant est fort, les appuis sont glissants, en cas de chute, ce sont de nombreux bleus à l’arrivée et sans doute la canne cassée. Il faut rester concentré pour poser les pieds là où il faut et en même temps avoir les yeux à l’affut pour repérer les aïmaras en planque derrière les rochers ou dans les zones plus calmes en attente de leurs futures proies.
J’essaie de suivre au mieux les conseils de Dominique et François qui ont repéré deux aïmaras, mais rien n’y fait, dans les rapides j’ai du mal a vite prendre contact avec mon leurre et le faire travailler au mieux et au bon endroit… Pas de touche et les aïmaras ont disparu. Je jette un œil à mon montage et je me rends compte qu’une fois encore, l’aïmara n’a pas loupé sa cible, mon leurre porte les stigmates des dents de ce formidable prédateur qui a vite fait de recracher mon leurre dès lors qu’il s’est rendu compte qu’il n’était pas comestible. Pour ma part je n’avais rien senti.
Après avoir insisté un peu sur zone, le bilan n’est pas terrible, un popper accroché sur une grosse branche juste dans un gros bouillon, on ne pourra pas le récupérer, trop dangereux et deux leurres souples perdus eux aussi accrochés on ne sait où quelque part sous la surface des eaux tumultueuses de Takari Tanté.
On laisse les sauts pour aujourd’hui pour retenter la pêche de prédilection pour l’aïmara ; la dérive.
La dérive, … Effectivement nous sommes en pleine dérive, on craque nerveusement et on déconne grave, heureusement que la bonne humeur est omniprésente pour combler ce désert halieutique.
Les minutes et les heures passent. Dominique et François d’un seul coup sont tels des chiens de chasse en arrêt devant un nid de faisan. Ils ont vu un aïmara chasser en surface, nous sommes à moins de 100 mètres.
« Allez Stéph, celui-là, il est pour toi »… Je passe à 32 de tension, je vérifie ma tresse, mon agrafe, j’essuie la sueur que j’ai dans les yeux. On s’approche tout doucement de la « cible ».
Go, je m’applique et fait un super lancer… 3 mètres trop court,… Il va vraiment falloir que je sois plus rigoureux si je veux un jour envisager prendre un aïmara… Forcément il ne se passe rien. Je pense même que le raffut fait par mon Search Bull » a dû effrayer l’aïmara.
« Plus prêt » me lance Dominique, je recommence, cette fois il tombe à 10cm du bord, un mètre d’animation et boom belle attaque en surface, c’est beau,… Mais il ne s’est pas accroché, grrr, nous sommes maudits. Il sera estimé à 6/7kilos.
Examen du leurre ; 3 belles marques de dents (1 à 2mm de large) sur les côtés et le dessus, il a gouté et comme il n’aime pas le plastique, bye-bye. Pas la peine de relancer au même endroit, la chance est passée.

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La dérive ne donnera rien d’autre, ni pour les frangins qui pêchent à tour de rôle ni pour moi.
La journée touche à sa fin, rien, rien, rien, on rentre au carbet.

Arrivée au carbet, le manque de pêche est là, je prends la canne et après quelques coups, je fais une belle sardine, hop en vif.
On s’organise, apéro(s) puis diner, puis aïmara s’il le veut bien…
Sauf que l’on n’a pas fini l’apéro que Zzzzz, Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz, gros départ. Je me jette sur la canne, je ressers le frein, contact et gros ferrage, je pompe, je prends du fil et d’un coup, plus rien, la dentition de l’aïmara a fait honneur à sa réputation, tresse coupée nette au-dessus du bas de ligne acier (20cm quand même)…
Nouveau montage, nouveau vif et c’est repartit, il est l’heure pour nous de diner.
Les frères se couchent, je traine un peu, je m’assieds près de la canne, puis je me couche près de la canne, je suis prêt pour le gros papa, finalement je vais au lit, je serais tout aussi prompt à aller batailler si je dors un peu.
Ni fée clochette, ni chant du moulinet cette nuit. A mon réveil la ligne est coincée quelque part sous 10 mètres d’eau, nul doute qu’un aïmara est allé nous faire du tricot avec la ligne avant de s’en aller comme si de rien n’était.

J4-Vendredi 30 mars 2012 :
Matin :

Journée comme les autres ; Petit déj plein d’espoir et on saute dans la pirogue direction Saut Takari Tanté.
Même topo, on attache la pirogue et va tester les postes qui ont été si prometteurs les autres jours, enfin les seuls endroits où l’on a vu de l’aïmara et où je les ai loupés…
Alors que je progresse entre les arbres, François en voit effectivement un.
« Attention, s’il te voit c’est foutu me dit-il histoire de me mettre un peu plus de pression. Ni une ni deux j’enlève le T-shirt blanc que je porte et je m’approche à pas de loup. Je vois la forme noire, un bout de caudale, je regarde la veine du courant, je sors ma calculatrice scientifique, je calcule la meilleure trajectoire, calcul des probabilités de strike, très vite je retire cette variable qui jusqu’à présent a été très mauvaise.
Je lance mon popper en amont, je le laisse partir dans le courant, je stoppe sa dérive afin de le faire revenir dans la bonne veine et je le ramène doucement tel un poisson ayant du mal à remonter le courant, je m’applique et… c’est raté, je passe à 30 cm du poisson qui ne bronche pas.
Je refais mes calculs, j’augmente le coefficient de chance et je relance en douceur, cette fois la trajectoire me semble meilleure, on va vite le savoir, oui, je passe là où il faut, boum !!! Strike, accroché, je ne peux pas croiser les doigts, j’ai les mains prises, mais j’espère que les hameçons ont bien pénétré la gueule de mon adversaire.
C’est trop bon, il ne se laisse pas faire, il essaie de partir dans le courant, mais il est bien accroché cette fois. Je dois le ramener, c’est tellement difficile en ce moment, il le faut, il le faut, il le faut…
Je travaille cette brute en douceur histoire de ne pas lui donner l’espoir de repartir, François pose l’épuisette devant moi et je l’échoue dedans. Cris de joie, gesticulations diverses et variées, enfin, un aïmara au leurre, c’est vraiment bien, même s’il n’est pas bien gros ; 6 kilos.
Photos et remise à l’eau

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Dans le même coin, un autre poste avec du potentiel, je suis chaud comme la braise, je me vois déjà sortir un aïmara a chaque lancer.
Un lancer, rien, deuxième lancer rien, toujours rien, troisième lancer, merd… accroché sur une branche ou un rocher,… Rien n’y fera c’est la casse, encore un bas de ligne acier et un leurre de perdu.
« Toi tu vas rentrer léger » me dit une fois de plus Dominique en plaisantant.
Autre montage avec popper, autre poste tout proche. Premier lancer, aïmara touché, piqué,… Décroché et un magnifique saut tel un saumon au-dessus des rapides. Magnifique moment pour les yeux que cette masse pleine de grasse en vol horizontal.
Nouveau numéro d’équilibriste sur les rochers (je suis plus confiant, je commence à savoir où mettre mes pieds) pour aller tester les autres spots. Mais sans succès si ce n’est la perte peu glorieuse d’un autre popper, la tresse de 50LB ne pèse pas bien lourd contre l’abrasivité des blocs de granits.
On quitte Takari pour de la dérive, mon aïmara et le saut de celui que j’ai loupé me font bouillir le cerveau. Je suis heureux…

Par contre la dérive va encore être très déprimante.

« Verticale pour essayer de faire de l’acoupa ? »
Why not ?

On ressort les leurres souples pour dandiner au fond de la Sinnamary, pas grand-chose non plus à se mettre sous la dent. Ces milliers de mètres cube en trop changent complètement la donne et aucun spot ne répond à nos espérances.
Je dandine sans trop plus y croire, Baam ! Accroché, cela ne ressemble pas à la touche de l’acoupa, pas un aïmara non plus, c’est plus léger, dont on part sur un acoupa. Cela se défend bien quand même. Je travaille tranquillement pour remonter mon acoupa.
Arrivé en surface, c’est un petit aïmara d’environ 2 kilos, il saute, met un coup de tête et retourne comme si de rien était à l’eau. J’ai toujours mon bas de ligne et ma tête plombée, le leurre souple a disparu.
Outch, la puissance de l’aïmara, même « bébé », est impressionnante, l’hameçon est complètement voilé.
Tête plombée maison 25g, hameçon 5/0 fort de fer.

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Un peu plus tard, attaque très timide d’un acoupa qui ne se piquera pas.

La pluie menace, on est près du carbet, pas assez près pour éviter une belle averse tropicale made in Guyane.
Je fais une sardine à peine arrivé sur le carbet, on la met en vif dans la foulée.
Dix minutes plus tard, Zzzzzzzzzzzz, Zzzzzz, Zzzzzz, pas le temps de finir mon Ti’punch, je serre le frein, reprends la bannière et ferrage, c’est lourd, il est bien là, c’est un client. Combat bien sympa, il sonde, je reprends du fil, merd… Il a coupé… Je rembobine, NON, il est toujours là, il vient à toute vitesse vers le carbet pour sonder dessous. Je le bride en force, je le travaille, je gagne du terrain, l’épuisette est prête, mais pas le poisson, coupé !!! Salopio… C’est ça aussi la pêche… Mon avant-bras picote, c’est bon ça ;)
Il n’a pas coupé la ligne, mais a réussi à se défaire de l’hameçon à force de grands coups de tête. Je remonte donc le montage intact avec le dernier tiers de ma sardine soit 10cm

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On repositionne l’hameçon, l’appât (difficile de parler de pêche au vif d’un coup) est lancé et on attaque le deuxième apéro.
5 nouvelles minutes et ça recommence…
Ce n’est pas le même, celui-ci est bien plus modeste, malgré quelques tentatives pour sonder il finira dans l’épuisette. Environ 3 kilos, je regrette d’autant plus de ne pas avoir pu sortir le gros papa d’avant.
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La traque du vif recommence, c’est quand même bien sympa de se faire plaisir en pêchant des poissons de 300g, surtout quand ils sont synonymes de jolis aïmaras.
Nouvelle sardine, 15 minutes d’attente et à nouveau le frein se met à chanter, un aïmara qui rapidement ira se bloquer dans des racines, le temps pour lui de s’enlever le cure dents et nous pourrons remonter notre montage intact mais vierge de vif.
C’est à croire que la pluie rend les aïmaras mordeurs.

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Après-Midi

Les aïmaras étant si peu coopératifs aux leurres et la météo si peu clémente, nous ne sommes pas pressés de retourner sur site.
François et moi nous attaquons avec application à la collecte de vifs, sans doute trop d’application car nous ne ferons rien du tout. Allez, un sourire François !

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Dominique de son côté est en pleine réflexion pour trouver la solution a nos bredouilles trop nombreuses.

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Il est temps de remonter dans la pirogue, la pluie s’est calmée un peu, la dérive nous attend.
Autant le dire tout de suite, bérézina totale cette après-midi.
Mes amis sont plus dépités que moi, ils ne savent plus où aller, les « hot spots » sont désespérément vides. Même le 20 kilos (estimé) de la semaine dernière ne pointe pas le bout d’une nageoire.
Au bout de 17853 lancers, François à une pseudo attaque qui n’est pas loin de nous sortir de notre torpeur… La déprime n’est pas loin, surtout pour les frangins qui se sentent impuissants contre les dieux de l’Amazonie et surtout devant « Seigneur Aïmara ».
Heureusement que j’ai fait mon premier papa au leurre ce matin, ma journée a été sauvée.
Je sens que Dominique et François ont en vraiment gros sur la patate… Les rôles en seraient presque inversés, c’est moi qui dédramatise la situation… Et ça marche, on se met à déconner avec un accent marseillais comme si nous étions tous trois originaires de la cité phocéenne.
Heureusement que nous sommes seuls on monde, si on devait croiser quelqu’un, il nous prendrait à coup sûr pour des évadés de l’asile le plus proche, quoique là où nous sommes, rien n’est proche…
Le crépuscule arrive, une envie folle d’apéro nous assaille…
On se rend compte que l’on est meilleur à l’apéro qu’à la pêche, mais bon ce n’est pas le tout, mais on a des vifs à faire, c’est notre sauve bredouille, record à battre : 8 kilos…
Même si à force de lancer « pour rien », mes bras et mes doigts me font mal, je suis prêt à affronter le « big papa ».
Les sardines sont faites, une est tout de suite mise en vif, l’autre va dans le vivier… Qui ne dormira pas verra…
Il est 22H15, je suis le seul debout, vielles habitudes de couche-tard.
Je cherche à faire de belles sardines, mais je ne sors que de petits dollars argent qui retournent aussi vite à l’eau.
A intervalles réguliers je vais surveiller notre vif, histoire de me faire démonter les bras avec un « 15 kilos » dès qu’il le voudra… L’espoir fait vivre.
Tout est trop calme, il faudrait que j’aille me coucher…
En fait je continue, je reste assis sur le bord du carbet à attendre un hypothétique vif. Eux aussi commencent à dormir…
22H30, François me lance un « Ta canne ! ».
Je suis de l’autre côté du carbet, je n’ai pas entendu le frein chanter.
Je bondi, je suis très vite avec la canne en main, reprise de la bannière, ferrage en règle, joli combat, mais pas un monstre.
Je suis fou, arrivé au carbet c’est une grosse branche qui apparait, comment est-ce possible, j’ai pourtant senti des coups de têtes.
Il s’est mis dans des branches, s’est décroché et m’a laissé un souvenir.
Déception,… Mais non, heureusement que je n’ai pas laissé de mou, en voulant remonter la grosse branche, on l’aperçoit dessous.
Il tente de sonder avec sa branche sous le carbet, c’est limite catastrophe, déjà le poisson seul ce n’est pas simple à contrer, alors là avec la branche je ne dois lui laisser aucune marge de manœuvre.
Je m’accroupis et le treuille en horizontal afin de le sortir du piège des amarres. Le revoilà, je le dépose dans l’épuisette, j’attrape la branche avec une main pour ne pas perdre le poisson sur un accident.
Un nouveau spécimen de 8 kilos, le record de ce séjour n’est toujours pas tombé.
Séance photos, j’en veux une avec gros plan de sa gueule. Je le prends sur ma droite face à l’objectif. Mais notre poisson n’est pas coopératif et n’aime pas prendre la pause et me le fait savoir en me balançant un bel uppercut avec sa caudale.
Je suis mort de rire et en même temps à moitié sonné. Dominique qui arrive à ce moment-là me demande si j’ai compris comment ils font pour remonter les rapides et effectivement je comprends bien la puissance qu’ils ont…

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Tel un toro s’étant bien battu lors d’une corrida, il est gracié et retourne à l’eau.
Changement du bas de ligne car il s’en est fallu de peu que ce joli poisson ne monte sur le carbet. Le bas de ligne en 80LB a été martyrisé par les dents tranchantes de notre combattant.

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Nouveau vif et au lit jusqu’au prochain Zzzzzzzzzzz.
Mais avant tout je vais voir si un vif n’est pas au bout de la canne à cout, ce serait très couillon d’avoir « piégé » un vif pour rien et de se le faire embarquer (avec la canne) par un aïmara.
Pas de vif donc direct mon lit pour profiter de l’ambiance musicale.

J5 – Samedi 31 mars 2012 :
Matin :

Premier debout, je vais voir la canne à vif, la ligne est coincé, encore un aïmara qui est allé plonger dans des branchages pour mieux se décrocher. Pas de solution, il faut tirer dessus, soit ça passe soit ça casse,… Ca casse.

On commencera cette matinée par la recherche de l’aïmara en dandine. Ils ne sont pas en surface, autant aller les chercher au fond du fleuve. C’est d’ailleurs là que le petit 3 kilos avait été débusqué en cherchant l’acoupa.
Aucun résultat significatif si ce n’est une petite touche pour François, sans doute un petit acoupa. C’est de mauvais augures, la journée commence sur les mêmes bases.
On enchaine avec des dérives, toujours le même problème, il y a environ 4 mètres d’eau en trop et il est impossible de trouver des cons à potentiel.
Les frangins me font ratisser tous les coins où ils ont déjà sorti de gros morceaux. Tant qu’à faire un seul poisson, autant le faire « gros ».
Rien n’y fera, pas d’attaque, pas de suivi,….LA loose totale.
Ce matin j’intériorise, mais je fais la gueule, les blagues ne fusent plus.
On décide de retourner au carbet pour faire des vifs. Sage décision car la pluie approche vite, tellement vite que l’on se prend un déluge pendant 5 minutes.
Arrivés au carbet la pluie continuera encore pendant 30 bonnes minutes.
Je fais une grosse carpe que l’on va couper en grosses darnes pour pêcher à l’appât.
Très rapidement un départ et plus rien, pas le temps d’engager le combat, ligne coupée.
Quand ça ne veut pas… Ca ne veut pas.
Le déjeuner est bon mais le pessimisme est bien là.

Après-Midi

Début en dérive, encore la loterie, encore et toujours…
Rien de rien, rien n’y fait. Retour à Takari.
Bonne surprise, les eaux ont baissé de 30 centimètres, on voit trois leurres que j’ai laissés en guise d’offrande.
Premier objectif la pêche, on verra pour essayer de récupérer les leurres par la suite.
D’entrée de jeu, on voit un aïmara posté au même endroit que la dernière fois.
Première approche, rien.
Deuxième tentative, pas mieux.
Troisième tentative, il n’est plus là. Peut-être est-ce le même que la veille et l’expérience étant trop proche, il a préféré fuir.
On remonte un peu, plusieurs essais non probants, Dominique pars alors dans un numéro d’équilibriste pour aller récupérer mon popper coincé sur une branche hier encore immergée et qui aujourd’hui est comme une grosse libellule posée sur promontoire 10 cm au-dessus des flots. Le leurre fait à nouveau partie de mon arsenal. Merci Dominique.
Je suis les conseils toujours avisés de mes guides, mais pratique laisse à désirer. J’ai beaucoup de mal à lancer pile poil là où il faut et à reprendre contact immédiatement avec le leurre pour le faire passer sur le « museau » de l’aïmara.
On décide de quitter le saut principal pour aller explorer d’autres pistes.
J’écoute les conseils, je fais de mon mieux, je travaille mon leurre sans plus trop y croire, quand d’un coup, c’est le strike, énorme dans le bouillon. Un bel aïmara a attaqué mon popper Halco Roosta.
Sur le coup je crois qu’il ne s’est pas accroché, mais si, il part à toute vitesse dans le courant, quelle puissance, je ne maitrise pas les premières secondes, j’arrive malgré tout à le brider, plus personne ne bouge, ni lui, ni moi. Je crains de voir mon leurre se décrocher et revenir telle une fusée comme le premier jour.
Mes compères sont prêts, ils me parlent mais je n’entends plus rien.
Je pompe et petit à petit je gagne du terrain, mais j’ai l’impression de pêcher une enclume. Il oppose moins de résistance et est presque à l’épuisette.
Grand coup de caudale pour s’échapper, mais je ne le laisse pas faire et finalement il rentrera dans l’épuisette. A coup sur mon plus gros…
Il est… énorme. Un ventre gonflé par une abondance de nourriture, comparé à mes deux 8 kilos, il fait obèse.
Séance de photos, il est tellement gros, sa gueule tellement impressionnante que je n’en mène pas large en le portant… Les copains, faudrait faire vite pour les photos car… Il est lourd.
Le peson nous indiquera un joli 14 kilos. Remise à l’eau.

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Moi qui déprimais ce matin, je suis aux anges.
Prospection d’autres postes, un nouveau leurre perdu, celui-ci à 3 mètres de haut,… J’ai un peu foiré mon lancer, manque de concentration évidente car je suis encore sous le choc de mon « monstre ».
On retourne en dérive, j’ai pour ma part un sourire béat, Dominique et François sont eux aussi ravis.
On revient sur terre ou plutôt sur le néant que nous offrent les dérives.
Je lance et relance plus ou moins bien, enfin surtout moins bien, comme ce lancer où je me retrouve à 1,5m de la berge. Je m’invective… Baaam, attaque sur mon Z-Claw magnum. Il ne se piquera pas mais laissera trois petits trous significatifs de dents puissantes dans une mâchoire destructrice.
Le fleuve se déroule, les lancers s’enchainent, rien n’y fait. Notre loterie préférée ne nous donne pas les numéros gagnants…
Le carbet est en vue, il reste environ 500 mètres de dérive.
Je lance alors un « Course contre la montre ! »
Je lance dans des herbiers… Baaam, attaque, mais loupé.
« Il s’est piqué ? » demandent en cœur les frangins.
Rapide inspection de mon Search Bull, il ne semble pas. « Alors recommence !»
Je m’exécute, mon leurre arrive dans les herbes, petite tirée pour le décrocher et dès le contact avec l’eau, Baaam… Celui-là a faim, mais c’est encore loupé, par contre cette fois le leurre est marqué, c’est terminé ici.
Plus qu’une petite centaine de mètres avant de ranger les cannes. Autant dire dernier lancer (et oui le fameux dernier lancer qui nous fait toujours autant rêver).
Mon leurre arrive en bordure d’herbiers. Deux animations et Baaam, il est accroché… Ce n’est pas vrai, décroché, encore…
Non, encore une fois l’aïmara est venu vers nous, sans doute une façon pour lui de lâcher de la tension et de pouvoir repartir de plus belle pour se décrocher. Je reprends le contact et l’amène facilement au bateau. Il est petit, mais enfin le premier poisson en dérive. Quel plaisir que de voir une attaque en surface, je suis venu pour ça.
Photos et pesage. Ce petit 3,5 kilos retourne vite à l’eau grandir un peu.

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Arrivée au carbet pour une session mixe vifs/apéro.
Le but étant de faire un nouvel aïmara au vif et de garder des poissons pour pêcher à l’appât demain dans le fleuve.
Encore une fois les vifs se font rares, tellement rares que l’on en fera qu’un seul à contrario des apéros… D’un autre côté, on a eu de quoi arroser cette après-midi.
On dine et au lit.
01H45, je suis dans un rêve complètement ridicule et j’entends un « plouf », mon cerveau se met en éveil. Deuxième plouf, branle-bas de combat, je me dis « mince la canne est tombée à l’eau ». Je saute du lit, troisième plouf quand j’arrive et je vois François avec un aïmara en surface au bord du carbet. C’est ce dernier qui frappe la surface de l’eau avec sa caudale pour tenter de s’enfuir.
En fait François s’était levé pour boire et à ce moment-là, gros rush, il m’a appelé mais j’étais loin dans mon rêve et je ne l’avais pas entendu. Il a donc ramené le poisson « comme un grand ».
François me donne la canne le temps d’aller chercher l’épuisette.
Je lâche la tension de la ligne de 10cm, l’aïmara toujours prêt, tente de sonder, je le bride instantanément… J’avais besoin de ma dose d’adrénaline…
Epuisetage, décrochage et pesée (7kilos). Pas de photo, on retourne vite au lit après avoir relâché ce nouvel aïmara.

J6 – Dimanche 1er avril 2012 (dernier jour de pêche, money-time) :
Matin :

Réveil sous la pluie, d’entrée de jeu les espoirs sont un peu plombés, mais c’est le dernier jour, on doit « scorer » dit Dominique.
Première étape ; Takari, notre meilleure chance de faire de l’aïmara, on en aura vu tous les jours. Mais voir ne signifie pas attraper…
On commence par le premier post là où j’ai eu le plus de « contacts ».
Premier lancer, rien, deuxième lancer, je ramène mon leurre jusque dans mes pieds, il faut explorer jusqu’au dernier centimètre, ne négliger aucune possibilité. Et effectivement ça tape à 50cm de moi, dommage, pas accroché, mais nous avons tous les trois le même sourire. Le 14 kilos d’hier a laissé des traces, des bonnes…
On prospecte, deuxième loupé, celui-ci était bien joli, la malédiction serait-elle de retour ?
On retourne vers la barque, je vois une masse sombre sur un banc de sable. Aïmara ! François me confirme.
Je dois lancer sous des branches en suspension.
Premier lancé totalement raté, je m’applique et mon deuxième lancer tombe pile poil 50cm en amont du poisson.
Je vois la masse noire fuser dans le courant, raté !
Alors que mon cerveau fulmine, il reçoit une information contradictoire, ma tresse part à la perpendiculaire du courant.
Red Alert !!!
Il n’y avait pas un aïmara, mais deux, l’un s’est enfui, l’autre a attaqué mon leurre et s’est piqué et est parti de l’autre côté de la barque.
Je le travaille, je pompe, il vient presque trop facilement. Il n’est pas vilain, mais loin d’être un monstre.
Epuisetage, photos, 7 kilos pour commencer la journée.

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Le coin est prometteur (toujours plus prometteur quand on fait un poisson d’entrée de jeu), je lance un peu plus bas, re Baaam, il sonde sous la barque, plus puissant que le premier, ma canne est à l’envers, à la verticale, à moitié dans l’eau. C’est ça ou sanction immédiate avec casse de la tresse sur la coque alu de la barque. En puissance je le ramène dans le droit chemin et surtout du bon coté de l’embarcation, la surface n’est plus très loin, encore un petit effort et… dans l’épuisette et à bord.
Plus puissant que le premier mais à peine plus gros, seulement 7.5 kilos.

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J’exulte, deux aïmaras coup sur coup, voici un rythme qui me va bien, à suivre…
On attaque les sauts d’un autre côté. Je m’applique, … Baam encore, mais coupé cette fois au-dessus du bas de ligne. Il devait être beau vu la châtaigne qu’il m’a mise. Environ 10 kilos selon les frérots.
C’est repartit pour refaire un montage. « Ne perds pas de temps, prends la canne à François » me lance Dominique.
Même tactique ; il faut faire tomber le leurre de manière à ce qu’à l’animation il passe sur la gueule de l’aïmara.
Je m’applique et encore une belle attaque en amont d’une chute, il part dans le courant, je le bride, il tente de sonder, je le bride encore, je suis sur un rocher et il tente de partir à l’opposé sous la barque, mais je commence à bien anticiper les réactions de ce poisson, il se bat en puissance, c’est un délice, finalement il finira dans l’épuisette.
Mon troisième aïmara en moins de 30 minutes, mon bras droit chauffe un peu… Quel pied !!!
Finalement celui-ci est plus gros que les deux autres, il fera 9 kilos.

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Deux nouveaux décrochés dans les sauts pour finir cette session matinale.

On enchaine avec de la dérive.
C’est François qui va enchainer deux loupés, rien pour moi.
On tente le tout pour le tout avec l’exploration d’un coin totalement inconnu. Koh-Lanta nous voilà.
C’est plus de la rigolade que de la vraie prospection car il est quasiment impossible de lancer dans ces conditions.

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Et oui pas évident de lancer quand on a les lobes des oreilles sous l’eau…

Retour au carbet, on pose un vif pour l’apéro, l’ambiance est aux antipodes de la veille à la même heure. On rigole sans arrêt.
Bon repas comme d’habitude…


Après-Midi

Mini sieste, la fatigue s’accumulant, mon corps et surtout mes articulations (qui n’ont plus vingt ans depuis plus de vingt ans) me font redescendre sur terre.
Très vite on remonte à bord de la barque et ce malgré une pluie battante. Même pas peur.
L’eau ayant un peu baissé depuis deux jours on décide de faire un copier/coller de la matinée, les poissons étaient blagueurs, on va continuer à rire…
Et on va rire car Dominique et François m’annoncent la couleur, on va remonter Saut Takari, mais en son milieu,… A la force du mollet et en jouant de l’équilibre.
On commence malgré tout dans le même ordre que ce matin.
Je m’arrête sur un premier coin, gros bouillon, un peu de calme et une veine de courant à côté.
Je lance mon popper, lui fait faire une belle parabole et le ramène doucement dans le courant. François me dit que quelques mètres plus haut sont postés quatre aïmaras qui m’attendent.
Pendant ce temps-là un bel aïmara se jette sur mon popper qui se dodelinait dans le courant à un mètre de mes pieds. Il ne s’accroche pas, avec François nous sommes pris de joie et de stupéfaction.
Je refais exactement le même lancer, je remonte le rapide de la même façon, mon leurre est à 20cm de la rive et rebelote, énorme Baaam, combat de cinq secondes et décroché.
En fait si vous voyez un bel aïmara avec un piercing, c’est le mien. Il a arraché la branche soudée de mon ST-66. Il faut le vivre pour le croire, comment un poisson peut d’un simple coup de tête casser un triple de la sorte ???
Pas le temps de tergiverser, je change de leurre car j’ai rendez-vous avec mes quatre aïmaras.
Premier lancer, un suivi sans attaque.
Deuxième lancer une attaque et un deuxième aïmara attaque, je ne sais pas s’ils se gênent ou si c’est un manque de bol, mais je récupère mon leurre tatoué mais sans poisson.
J’enchaine les décrochés, je suis vert, mais tout excité. Terminé pour ce coin, les autres aïmaras ont dû déménager avec tout ce raffut.
On change de coin, je suis en équilibre sur un rocher, un bon lancer fait mordre un nouvel aïmara. Il est bien accroché, je le laisse partir avec le courant et descendre d’un étage. Il tentera de sonder à plusieurs reprises, mais je le gère et finalement il viendra prendre la pose et nous montrera de très beaux reflets verts. Mimétisme d’un poisson devant être en poste au milieu des plantes aquatiques.

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On essaie plus haut, encore un décroché. Je ne le sais pas encore, mais je vais comptabiliser pas moins de dix décrochés cette après-midi.
On retourne à la barque pour attaquer le saut par le milieu comme prévu.
Je galère un peu car le courant est fort et que je ne sais pas si devant moi il y a 10 ou 80cm de fond.
C’est « l’aventure », c’est grisant, on se marre.

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Je perds coup sur coups trois leurres et bas de ligne, la tresse de 50Lb ne fait pas le poids contre les rochers. Encore un sacrifice envers la Sinnamary.
Après avoir balayé les sauts dans tous les sens, on s’amuse à prendre des photos de warriors, de vrais gamins, mais aujourd’hui aura été une journée de réconciliation avec l’aïmara, des prises, beaucoup de décrochés, enfin une belle activité, donc moral au beau fixe.

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On finira la journée en dérive, mais là encore, la Sinnamary ne nous donnera pas le ticket gagnant.
François est tout prêt de sortir un 5/6 kilos qui se décroche à trois mètres de la barque.
Retour au carbet après une superbe journée pour moi qui s’est soldée par seize décrochés et quatre aïmaras.
Je signe tout de suite pour la même statistique journalière la prochaine fois… Même si je sais qu’en saison sèche c’est tout à fait différent et plus prenant.

C’était la dernière journée de pêche. Une sardine est en vif histoire de…
Demain matin on rangera nos affaires et le carbet et on s’en ira en espérant que la pluie des deux derniers jours nous épargnera pendant les trois heures de trajet nécessaires pour retourner à l’embarcadère.


J7 – Lundi 2 avril 2012 (Epilogue) :

Je suis le premier debout, une épaisse brume nous entoure…

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Ce matin mon humeur est comme le temps, tristounet et mes affaires sont trempées, rien n’a séché, il ne me reste en tout et pour tout qu’un bermuda et un T-shirt qui ne soient pas mouillés, l’objectif est de les protéger au maximum pour pouvoir me mettre au sec à l’arrivée à la voiture.
Je jette un œil en l’air, il n’y a pas de nuages, il y a « UN » nuage, énorme, gris et très humide. Pas la peine de garder les ponchos au fond des sacs, on va en avoir besoin...
Le petit déj. est pris rapidement et presque dans le silence, on est déjà dans la nostalgie, enfin surtout moi car Dominique et François seront de retour dans quatre jours.
Opération désarmement des leurres afin de pouvoir les faire voyager en cabine. L’opération est bien plus rapide qu’à l’aller car pas mal de leurres sont restés accrochés dans les rapides, d’autres ont servis de bijoux temporaires aux aïmaras, d’autres font partie du décor et telles des boules de noël sur un sapin, ornent les fiers arbres bordant la Sinnamary, d’autres enfin sont allés remplir un peu plus les boites de Dominique et François.
Tout est chargé rapidement dans la pirogue. Il est temps de « mettre les voiles ».

C’est partit, denier regard vers le « Giant Trahira », pincement au cœur…
Le temps est brumeux, les blagues se font rares, les discussions aussi,…
Les arbres morts défilent au garde à vous de chaque côté de notre embarcation, même après une semaine, c’est toujours aussi triste et magique à la fois, grandiose malgré tout.

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Un rayon de soleil me laisse espérer que nous allons être épargnés par la pluie.
François tempère tout de suite mes espérances. Dame nature lui donnera raison quinze minutes plus tard, le ciel nous donne un préavis de 5 minutes avant qu’il ne nous tombe sur la tête.
A peine le temps de mettre mon poncho que le déluge s’abat sur nos têtes.
J’essaie de me protéger au mieux, mais, avec le vent, je ne suis pas « étanche ».
Trente minutes plus tard, c’est passé, le ciel noir est derrière nous, devant c’est du grand… gris aussi, mais moins menaçant, en tout cas pour le moment. On garde les ponchos…
Enfin le barrage de Petit Saut se dessine sur notre gauche et la mise à l’eau est en face de nous.

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Trois quart d’heure plus tard, je regarde en arrière… Au revoir Petit Saut, au revoir Sinnamary,… Je n’ai pas dit « Adieu ».
Encore deux heures et demi de trajet dont les trois quarts sous la pluie, petite pause déjeuner et nous voici à l’aéroport.
12H25 c’est l’heure de se dire « au revoir », cinq minutes plus tard je suis assis sur un banc à l’aéroport. Mon avion part dans huit heures, ça va être, très, très, très, très long…

Cette semaine n’aura pas été riche en poissons, quoique les deux derniers jours furent magiques, mais ce séjour fût l’occasion pour moi de vivre une expérience fantastique au milieu de nulle part enfin si, bien planqué au cœur d’une nature magnifique et surprenante.
J’ai découvert deux gars exceptionnels ; Dominique et François THOR (pensée aussi pour Thia la femme de Dominique que je n’ai pas vu mais avec qui j’ai échangé énormément de mails afin de mettre au point cette aventure). Ces deux gaillards n’ont eu qu’un but,… Me satisfaire. Leur gentillesse et leurs connaissances m’ont comblé au plus haut point.

Le bilan halieutique n’est pas terrible mais cela laisse rêveur quand on connait le potentiel en saison sèche.
Mon bilan :
Aïmaras décrochés : 24
Aïmaras sortis : 11 (un seul en dérive), tous remis à l’eau .


Merci Dominique, merci François, c’est sur je reviendrai vous voir, cette fois pendant la saison sèche et l’on passera encore du bon temps ensemble je suis persuadé.

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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede pechemed » Lun Avr 09, 2012 12:59

superbe recit
ça donne envis
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede fabriceunko » Lun Avr 09, 2012 17:29

franchement je me suis régalé a te lire.. j'avais l'impression d'y être.
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede Sartac34 » Lun Avr 09, 2012 18:13

super cr et superbe photos!!!

ça donne vraiment envie ces paysages!
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede richard84 » Lun Avr 09, 2012 20:07

Vraiment dement, de vrais explorateurs, bravo
Je péche entre CARRO et PALAVAS surtout en surf et en bateau

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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede eric04 » Mar Avr 10, 2012 19:27

quel reportage !!!!!! ce fut un réel plaisir de te lire et d'admirer tes photos, je comprends pourquoi tu pense déjà y revenir !!!!!

merci !!! un grand merci à toi l'ami pour nous avoir fait d'une certaine manière partager ton séjour en Guyane
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede moon84 » Mer Avr 11, 2012 20:38

Bouche bée rien a dire ...un magnifique reportage un grand plaisir pour les yeux
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede jo34 » Jeu Avr 12, 2012 2:10

Vraiment dément ton récit ! Bravo pour la dialectique . Et bravo pour ces poissons .
J'ai sorti cet aprem un barra énorme avec un wax wing , mon certate 2500 et tresse 10 lbs !!!! Les photos viendront à mon retour .
Encore bravo et merci .
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede Luxxus » Jeu Avr 12, 2012 3:03

jo34 a écrit:Vraiment dément ton récit ! Bravo pour la dialectique . Et bravo pour ces poissons .
J'ai sorti cet aprem un barra énorme avec un wax wing , mon certate 2500 et tresse 10 lbs !!!! Les photos viendront à mon retour .
Encore bravo et merci .

Merci, tu viens avec la prochaine fois ?
Gros barra avec une 10Lb et un 2500, très joli coup de ligne, bravo ;) Vivement les photos.
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede Max13 » Lun Avr 16, 2012 0:30

Fabuleux !!! Merci de nous avoir fait vivre ces moments magiques, vivement que tu y retournes en saison sêche... :sm2: :sm2: :sm2:
" Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson..."
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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede Luxxus » Mar Avr 17, 2012 15:34

richard84 a écrit:Vraiment dement, de vrais explorateurs, bravo

Photo d'époque :D

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Re: Ti' martiniquais au pays de Seigneur Aïmara

Messagede Luxxus » Sam Juin 09, 2012 11:28

Je compte y retourner en octobre/novembre 2013, si l'un d'entre vous est tenté par l'aventure, n'hésitez pas à me contacter pour préparer au mieux "l'Expédition" :twisted:
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